NOBUYOSHI ARAKI
Une mythologie personnelle et apocryphe.
Araki.
“La photographie est en fait une parodie du monde. C’est une parodie du je.” -Nobuyoshi Araki.![]() |
| ©Nobuyoshi Araki. |
On ne sait pas si Araki est un machiste, un réel érotomane, ou un habile metteur en scène d’une mythologie personnelle.
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| ©Nobuyoshi Araki. |
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| ©Nobuyoshi Araki. |
Il est par exemple bien possible que ces femmes ficelées soient chosifiées, mais ce n’est pas ce qu’on ressent en observant attentivement la plupart des clichés d’Araki. Ces femmes ne sont pas lascives et vous regardent sans exprimer quoique ce soit. Plutôt impénétrables, elles restent elles-mêmes. Offertes à notre regard. Ce qui leur octroie une présence aussi insondable que notre incapacité à leur donner une intention précise. De même D’ailleurs, la plastique presque baroque des compositions (en studio) est aplatie par un éclairage frontal et sans apprêt. Du coup on observe bien certains détails, mais ces femmes demeurent insaisissables, lisses jusqu’au pubis si graphique (Araki les retouche en post-production) qu’il en perd sa connotation sexuelle.
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| ©Nobuyoshi Araki. |
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| ©Nobuyoshi Araki. |
Il ne faut donc pas, comme le photographe lui-même, être trop naïf avec ces « fragments de vie ». Araki est un pitre, un clown tragique, parfois sincère, toujours voyeur et qui même lorsqu’il joue à nous abuser ne s’en cache pas. D’ailleurs, les mises en page des publications d’Araki sont parlantes à ce sujet, en effet elles fonctionnent fréquemment par collisions, disruptions spatiales et temporelles, quand on se ne rapproche pas quelques fois du collage surréaliste. Pour Araki ce désordre exprime au fond une forme de désespoir au pied léger.
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| ©Nobuyoshi Araki. |
Il faut donc se méfier un peu de la machine médiatique bien rodée qu’est Araki, (il a publié plus de 450 livres au Japon), tout en ne boudant pas le talent du photographe qui a su rendre l’esthétique de la vie imprégnée de mort, de sexe, de futilité, de profondeur, d’impermanence et d’inconséquence, tout ceci dans une confusion inextricable.
Araki semble très intime avec cette proximité de la mort/impermanence en toute chose, c’est l’extraordinaire force de son travail.
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| ©Nobuyoshi Araki. |
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| ©Nobuyoshi Araki. |
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| ©Nobuyoshi Araki. |
NOBUYOSHI ARAKI | Araki.
Musée Guimet.
Du 13 avril au 5 septembre, 2016.
Voir aussi:
Ren Hang, morphologie de l’amour.
Carla Van De Puttelaar.
Francesca Woodman
Thomas Ruff.






























