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samedi 27 juin 2015

Michael Borremans. La peinture serait-elle une mise en scène ?



Michael Borremans :

« Une bonne œuvre d’art n’est ni une réponse ni une question. Une bonne œuvre est un nœud.»



http://www.artefields.net/?p=2251

Michaël Borremans,

est un peintre/plasticien/vidéaste belge (1963), très peu connu en France, pourtant très côté sur le marché de l'art contemporain. Ses œuvres peu nombreuses s’arrachent auprès des institutions et des grands collectionneurs. Il a suivi des études de photographie et ne s’est tourné vers la peinture qu’à la trentaine. Il déclare avoir appris à peindre en autodidacte en étudiant avec passion notamment Velazquez, mais aussi Goya et plus récemment Chardin.

Michael Borremans,

Par cette phrase de  résume assez bien la démarche qu’il mène. Borremans avant d’être un peintre est un artiste conceptuel. Chaque œuvre est le fruit d’une longue maturation poursuivie avec méthode.
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Certes pour beaucoup d’artistes créer est le fruit d’une maturation longue. Mais chez Borremans cette maturation n’est pas comme le long chemin de l’inspiration. La création est pour lui comme un projet, avec une ou des méthodes relativement élaborées, voire même des rituels, celui notamment de peindre en costume élégant. L’acte de peindre est bien la finalité du projet mais l’acte est retardé volontairement dans une mise en scène de la production artistique. L’acte de peindre chez Michael Borremans est donc soumis à la maturation étape après étape d’une idée première, d’un motif.

EN SAVOIR PLUS.

 

Marion Davout. La matérialité du temps.

 

Marion Davout et les lambeaux du temps.



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Marion Davout,

figure le réel suggéré par la mémoire dans un langage expressionniste jouant avec les limites de l’abstraction.

Le travail de Marion Davout trouve sa matrice dans l’idée de temporalité.

Comment représenter sur une toile, dans un cadre, au sein de l’espace pictural la durée ?
C’est une problématique récurrente en peinture, mais aussi en photographie. Comment résoudre l’instantanéité de l’image arrêtée ou représentée ?

EN SAVOIR PLUS 



mardi 9 juin 2015

CLEMENT VALLA | NEO_ARCHEOLOGIE

clement valla

CLEMENT VALLA | NEO_ARCHEOLOGIE

Clément Valla (architecte et designer de formation) est comme un archéologue qui cherche à préserver les failles techniques que Google tente de rectifier pour donner de la terre une image "cohérente", lisse, nettoyée des aspérités et des contradictions produites par la multiplicités des sources de données incompatibles entre elles (images aériennes/modèles 3D).



Dans « The Universal Texture Recreated », Clément Valla va jusqu'à reproduire avec des moyens volontairement rudimentaires - « low tech » - les images distordues de Google Earth. En soulignant ainsi l'origine technique des aberrations visuelles, il met en évidence le concept "d'Universal Texture", l'algorithme qui redessine le monde de l'ère numérique.



Prenant le contre-pied du placement de textures sur des modèles 3D de notre environnement, Clément Valla dans « 3d-maps-minus-3d » reprend les textures à plat sans les modèles censés les recevoir. Il continue par cette démarche à déconstruire et souligner la virtualisation du réel, sans pour autant délivrer de message particulier, par pure analyse tel un scientifique pratiquant une dissection.

clement valla

Clément Valla poursuivant sa démarche avec rigueur procède par dissociation dans "Wrapped terracotta neck-amphora (storage jar)" en séparant la l'image photographique imprimée et le volume/modèle 3D qui est alors recouvert de manière décalée sa propre texture projetée.

clement-valla, wrapped-terracotta


Dans la série « « Seed Drawing », Clément Valla poursuit sa démarche d’exploration de l’ère numérique en faisant appel à « Amazon Mechanical Turk », une plateforme « collaborative » de « co-workers » anonymes qui louent leur force de travail contre une somme modique. Ici Clément Valla a demandé à cette myriade invisible de reproduire dans une grille un motif rudimentaire.





Dans « Surface Survey », Clément Valla procède à la numérisation de pièces archéologiques et les restitue telles qu’elles sont saisies par le scanner 3D, c’est à dire sous formes de nuages de points qui aboutissent à des formes neutres et éclatées, dépourvues de leurs textures. Ces objets « néo-archéologiques » sont exposés comme des reliques d’un futur encore inexploré.



VIK MUNIZ | Les Mandalas des FavelasTitre de l'article

VIK MUNIZ | Les Mandalas des Favelas

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Vik Muniz (né en 1961 à Sao Paulo, Brésil) vit et travaille à Brooklyn, USA.
L'artiste plasticien et photographe reprenant une longue lignée d'artistes travaillant depuis les rejets de la société de consommation de masse recréer à l'instar du pop art à partir d'objets banals, trouvés, détritus ou matières diverses (sucre, chocolat, etc.) de grandes icones populaires de l'art ou des médias.
Les répliques de Vik Muniz ne respectent jamais dans le détail les référents, seules les grandes lignes de l'œuvre originale sont reproduites. Dans les détails, c'est un chaos tridimensionnel de matières variées, en passant de pièces de puzzle à des matières organiques.

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L'héritage du dadaïsme, des « merz »@ de Kurt Schwitters ou encore la filiation à Marcel Duchamp, pour les collages et les décalages discursifs est évident. D'autant plus qu'il y a dans la démarche de Vik Muniz une volonté critique très forte. De même ce recyclage de matières fait bien entendu penser à Rauschenberg avec la même volonté d'enracinement sociologique.
Cependant Vik Muniz va plus loin puisque toutes ces œuvres sont promises à la destruction et ne garderont pour trace qu'une prise de vue photographique. Ultime reproduction dans un circuit de recyclage qui met en abime la question de l'image vernaculaire, de la matière brute ou manufacturée et de la mémoire collective.

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La démarche de Vik Muniz est d’autant plus radicale que chacune des ses productions exige souvent un travail colossal. Il a ainsi demandé à des personnes vivant du ramassage d’ordures dans la plus grande décharge du monde : Jardim Gramacho, près de Rio, de réaliser des reproductions d'œuvres de David, Goya ou Michel-Ange. Le travail accompli tout fut détruit après la fixation sur pellicule du travail réalisé.

Les tirages photographiques ont néanmoins été ensuite vendus chez Sotheby’s, ce qui a permis à la communauté de récupérer de la vente 250 000 $.

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Les œuvres qui ont propulsé Vik Muniz sur la scène internationale de l'art contemporain :

Pictures of Chocolate, 1997.
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Pictures of Junk, 2006.
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Le travail de Vik Muniz procède donc un peu à la manière d’un Mandala. Un support de « méditation » en trois dimensions fruit d’un long travail fastidieux et minutieux, promis à la « destruction » ou plutôt au retour dans le flux sans fin des signes, de la matière, de l’impermanence de toute chose.



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dimanche 7 juin 2015

JEAN DE SAGAZAN

JEAN DE SAGAZAN


Jean de Sagazan (né en 1988, Paris) ou la fascination pour la géométrie du banal, de l’insignifiance, des moments creux, vides qui sont autant d’occasions pour le peintre de ne représenter rien, pour peindre seulement et reproduire peut être ces moments de suspens si satisfaisants.
Il y dans ces quelques œuvres du jeune peintre un rappel de ce que Gerhard Richter dit de sa relation à la photographie, qui en le déchargeant du motif, de la subjectivité lui permets de ne s’attacher qu’à peindre.
Mais la tentation de l’hyperréalisme chez Jean de Sagazan semble s’arrêter là, au même titre que chez Richter. Il altère
tout de suite l’imitation par un léger flou, une touche évidente et des couleurs froides, passées, presque synthétiques.
Une œuvre mystérieuse en gestation, oscillant entre photographie et ambiances cinématographiques qui trouvent probablement ses filiations conscientes ou pas chez Richter, Hockney et par les cadrages, l’aspect narratif la Nouvelle Figuration.
Un artiste à suivre de près.
Le site de l'artiste.
Le salon de Montrouge 2015.

jean-de-sagazan, salon-de-montrouge
jean-de-sagazan, salon-de-montrouge
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mardi 26 mai 2015

BRUCE NAUMAN | Fondation Cartier.

BRUCE NAUMAN | Fondation Cartier.


« Fondamentalement, mon œuvre est issue de la colère que provoque en moi la condition humaine. Ce qui me met en fureur, c’est notre capacité de cruauté, la faculté qu’ont les gens d’ignorer les situations qui leur déplaisent. Ce qui me fascine aussi, c’est de voir comment la colère ordinaire, et même la haine que l’on peut ressentir pour quelqu’un, se transforme en haine culturelle. » _ Bruce Nauman.


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Bruce Nauman, Anthro / Socio (1991).

A deux pas de la fondation Cartier, dans la rue Emile Richard qui longe le cimetière Montparnasse, il y a quelques SDF - mot bien aseptisé qui ôte jusqu’à la misère au clochard - certains alcoolisés maugréent, braillent des insultes ou vous lancent des regards torves. Ces invectives sonnent comme autant d’appels, des « feed me ! » « Help me ! » « Eat me ! » « Hurt me ! », etc. dont l’installation de Bruce Nauman est comme le reflet glacial et minimaliste dans un édifice tout aussi acéré de la culture. Voilà à quoi fait penser cette installation, en çela elle a probablement réussi puisqu’elle nous interpelle. En effet, la pièce consiste en un concert vociférant et répétitif d'appels à l'aide d'un homme au visage crispé et projeté tantôt à l'endroit, tantôt à l'envers.

bruce-nauman, carrousel
Bruce Nauman, Carrousel.
Le carrousel, installé de façon apparemment saugrenue dans la même salle que Anthro / Socio, s’y trouve finalement après réflexion bien à sa place. Ce manège morbide d’animaux suspendus par le cou et traînant leurs pattes arrières sur le sol au point d’y laisser une trace dérisoire vient bien en complément des appels désespérés et primaux de l’installation Anthro / Socio. Dans leur cercle mécanique de mort, ils sont tout aussi isolés et désespérants.
bruce-nauman, untitled
Bruce Nauman, Untitled, (1970/2009).
Dans la dernière salle, une installation de prime abord plus légère : deux danseuses se tenant par les mains tentent de tourner par la seule force de leur corps autour de l’axe d’une horloge schématisée par plusieurs cadrans. Mais elles ne parviennent pas à se synchroniser et leur efforts répétés semblent voués à l’échec. Eternel retour, mort et temporalité, impermanence, fatigue, éloignements et agrippements, unions, désunions sont autant d’images de notre condition dédoublée et répétée en deux projections également désynchronisées. Il s’agit probablement de la pièce la plus subtilement dérangeante pour peu que l’on s’y attarde.
bruce-nauman, rogers
Bruce Nauman, Mr Rogers, (2013).
Quant à la pièce du rez-de-chaussée, elle est de la même veine. La pièce consiste en une installation vidéo mettant en scène le jeu répété qui consiste à tenir trois crayons par les seules extrémités de leur mine, apprentissage, échec et recommencement, mais heureusement le chat, Mr. Rogers, remet un peu d’ironie là-dedans !Finalement si on le temps de s'imprègner, ces quatre installations sont saisissantes et constituent un discours muet particulièrement efficace.

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MARKUS LUPERTZ | Musée d'art moderne, Paris, France.

Rétrospective Markus Lupertz au musée d'art moderne

Markus Lüpertz (né en 1941 à Reichenberg/Liberec)

Lüpertz est affilié aux néo-expressionismes allemands, même si une grande partie de son œuvre échappe à cette catégorisation trop réductrice. Son œuvre se caractérise par un dialogue incessant entre la figuration et l'abstraction dans une manière très enlevée, très expressive, avec le souci de préserver la peinture en tant que telle.

On distingue plusieurs grandes périodes chez Lüpertz avec un "vocabulaire" (casques, épis de blés, etc.) constant qui joue comme une trame sérielle se développant dans des "genres" variés.

La période des "peinture dithyrambiques" pousse la figuration vers l'abstraction en réduisant celle-ci à des formes simples monumentalisées.

Puis il reviendra vers une figuration plus faussement littérale avec les "motifs allemands" qui interrogent ironiquement l'histoire allemande.

Finalement, il abordera avec distanciation formelle et discursive des thèmes mythologiques puis les grandes œuvres de l'histoire de l'art (Goya, Velázquez, Poussin, Matisse, etc.). Ces motifs sont traités comme une iconographie décontextualisée prétexte à une déstructuration formelle répétant encore et toujours la tension entre figuration, « formalisme » et abstraction.

Artiste exceptionnel à découvrir ou re-découvrir au MAM.

markus-lupertz

L’œuvre de Markus Lüpertz est à la fois Pop Art par le choix du motif, c'est à dire souvent un élément banal issu de la société de consommation de masse et traité comme une icône. Mais c’est aussi un retour surprenant _ servi par une manière expressionniste_ au cubisme par la géométrisation et l'amplification des ombres et modelés qui donnent à l'objet iconique un caractère monumental, d'autant plus qu'il est extirpé de tout contexte.On est donc bien dans « l'espace pictural » qui n'imite pas mais dialogue avec lui même. Les détails sont également abordés comme désolidarisés et presque totalement abstraits dans la touche et le mouvement de peindre, qui ont bien pour finalité la peinture pour la peinture et non la représentation.L’un des caractères si particulier de cette œuvre est aussi la tension entre une figuration tendant à l’abstraction et une abstraction (expressionniste) servant la figuration, l'une contenant l'autre et faisant exploser le motif.Un des autres aspects si étonnant du travail de Lüpertz est l'évidente part narrative ou plutôt signifiante, ne serait ce que par les titres, mais aussi par l’appel à l’histoire de l’art et les objets iconiques représentés. Cependant ce « discours » pictural sous-jacent est plein d'ironie, voire de provocation et semble chercher à nous égarer dans des poncifs explicatifs ou de la simple redondance verbeuse. Commenter est à la fois trop simple, évident, pernicieux et finalement vain. La force des icones signifiantes : la casque, la guerre, la masculinité, ou encore la banalité façon Pop Art, ou le référent historique ressemblent donc à des impasses critiques. Le message se disqualifie donc lui même par sa trop grande évidence pour finalement se dissoudre dans la seule chose qui occupe l'œuvre son ex-pression, sa puissance formelle issue de la tension entre les gestes de l'abstraction expressionniste, le détail réduit à sa forme, sa masse colorée et des compositions très architecturées bien que dépouillées.

markus-lupertz
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markus-lupertz
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