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mercredi 7 octobre 2015

Ren Hang, morphologie de l'amour !

Ren Hang, morphologie de l'amour !

Ren Hang,

A voir aux « Rencontres de la Photographies », 2015, Arles, dans la section « Off » avec la galerie Nicolas Hugo.
Ren Hang est un photographe chinois héritier évident de Nan Golding et de Nobuyoshi Araki.
Il met en scène de manière dépouillée et à la façon d'instantanés des corps nus qui sont autant de phantasmes quelque fois morbides mais toujours remplis de dérision.

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On peut voir l'influence des Réalistes Cyniques, d'un Ai Weiwei dans l'art de la provocation mais aussi le désabusement plus ou moins désespéré et sardonique de Yue Minjun.
Pour Ren Hang pratiquer ce type de photographie mettant en scène la sexualité sans apprêt, ni érotisme est une démarche plutôt téméraire en Chine. D’ailleurs ses travaux sont pour la plupart interdits d’exposition en Chine. Il n’est pas publié et a été arrêté à plusieurs reprises.
Pourtant assez paradoxalement les images représentant sans détour la sexualité ou les organes génitaux semblent totalement dénuées de désir.

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C’est précisément ce qu'il y a d'assez surprenant dans ces mises en scènes. Elles sont très distanciées sans empathie avec les modèles qui d'ailleurs sont souvent inexpressifs ou sans identité car privés de visage.
Pourtant Ren Hang ne travaille qu’avec ses proches ou amis et prétend ne pas planifier les séances de prise de vue. Et en effet, il y a dans les cadrages, et les poses une évidente spontanéité. Cependant la lumière crue et plate donne à l’ensemble un aspect froid. Les corps en situation ne participent pas, ils sont comme les travaux d’un entomologiste érotomane.

Ren Hang,
« I like to portray every organ in a fresh, vivid, and emotional way. »

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ARTEFIELDS | Art Sighting !
Art contemporain.

Youcef Korichi


Youcef Korichi,

Pratique une peinture de la suspension et de la concentration par le vide.
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A l'instar d'un Michael Borremans, Youcef Korichi cherche dans le sujet l'occasion de créer ce que Borremans appelle des nœuds, un sens qui se défausse tout en interrogeant et qui finalement nous ramène à regarder la toile, à savoir ce qui est posé dans l'espace pictural.
Pour ces deux peintres figuratifs, le sujet, par delà le mystère intriguant du motif, n'est autre que la peinture elle même.
La manière presque photo-réaliste est d'ailleurs très proche chez ces deux artistes. Une manière qui, à travers les accidents (réserves, glacis, coulures, empâtements) denie l'imitation qui pourrait sans quoi passer pour "académique".
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Autre point très significatif chez Youcef Korichi : la composition, qui s'inspire des cadrages photographiques, cette façon qu'à l'œil à travers l'objectif de voir autrement, non pas par synthèse mais par découpage, isolement, suivant des axes et des hauteurs qui n'ont jamais rien de naturels et contribuent à l'altérité de ce qui est vu, représenté.

A voir à la Galerie Eva Hober
Youcef Korichi. « Traverser le miroir ».
Du 5 septembre au 3 octobre 2015.

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ARTEFIELDS | Art Sighting !
Art contemporain.

La peinture figurative a-t'elle encore un motif !


Peinture figurative et le flux des images.

Les peintres figuratifs ne vont plus sur le motif. Soit le peintre s'inspire de photographies personnelles, voire de quelques coupures de presse, soit, et c'est devenu le plus fréquent, il utilise le réel « googlelisé » d'internet.
« La peinture sur le motif », devant le sujet de l'œuvre, revient bien souvent donc à glaner des images sur son ordinateur quitte à les imprimer, les retoucher et en faire son motif.
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Clement Valla | Galerie XPO.
Le peintre « de la vie moderne » d'aujourd'hui est donc presque essentiellement un peintre d'atelier, et l'on pourrait dire un peintre d'atelier numérique, connecté. Il travaille un réel de substitution : celui des images et des signes. Le réel peint est celui de l'ère numérique, un univers d'images sans certitude sur l'authenticité du référent.
Quand on examine le travail d'un peintre comme Michael Borremans, qui est un authentique peintre d'atelier qui monte des décors et utilise des modèles pour ses compositions, on s’aperçoit qu'il ne travaille pas directement depuis les esquisses de ses mises en scènes mais à partir des photographies qu'il en a prises. Le peintre de l'ère numérique - y compris ceux qui se revendiquent peintres d'atelier comme Borremans - éprouve le besoin de se distancier du motif, de son sujet concret. Parce que l'idée même d'imitation ou de reproduction directe n'a plus de sens, le travail de l'image peinte est comme une focalisation sur le fameux espace pictural que l’on retrouve chez Borremans, comme chez bien d'autres héritiers de la modernité.
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Michael Borremans
Il y a éventuellement et même fréquemment un sujet plus ou moins évident de l'œuvre, mais il n'y a pas de souci de véracité quant au réfèrent, lequel est malgré tout reproduit, mais non imité ni même traduit ou sublimé dans l'œuvre. Le sujet peint n'est pas le sujet. Il n'est qu'un prétexte au sujet de l'acte pictural. Quant au sens, il est le véhicule plus ou moins authentique/ironique qu'emprunte la subjectivité du peintre telle qu'il la vit dans la longue histoire de la peinture.
Beaucoup d’autres peintres utilisent le flux des images numériques sans même se donner la peine d'aller fouiller les archives ici ou là.
Claire Tabouret, parmi bien d’autres, emprunte des séries d'images sur le thème du costume, de l'apparat, comme représentant pour elle symboliquement le masque (l’uniforme) de la coercition contre laquelle certains se rebellent, notamment chez Claire Tabouret les enfants. Des enfants engoncés dans leurs costumes d'écoliers, de carnaval et qui nous dévisagent avec gravité, comme s’ils appartenaient à un autre monde pour nous dire précisément qu'ils ne sont pas que l'image normative de l'enfance.
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Claire Tabouret
Giulia Andreani pratique elle une peinture d'histoire, petite et grande histoire, qu'elle subvertit par l'ironie, la fragmentation de ces représentations idylliques et dérisoires du sens que l'a voulu donner à un moment « T » de l'histoire. Là encore il s'agit d'une peinture d'atelier élargie par l'ère numérique. Pas uniquement au sens où les images sont glanées sur internet mais aussi, et bien plus profondément, pour la polysémie du numérique ainsi que l'étrange tautologie de ces images souvent totalement déracinées de leur contexte. L’ironie contamine le sujet et donne prétexte à des dérives picturales qui n’ont d’autre justification que l’acte pictural et son inscription dans la geste des maîtres de la peinture.
giulia-andreani
Giulia Andreani
Autre artiste peintre de l'atelier numérique, Sepand Danesh qui va jusqu'à construire ses compositions via des logiciels 3D afin d'en exploiter les défauts de textures, d'éclairage, d'angle de vision, ceci pour mieux servir un travail introspectif qui convoque des images de la mémoire familiale ou sociale. C’est un autre aspect de l’atelier numérique du peintre, plus littéral mais tout aussi inscrit dans la déterritorialisation de l’ère numérique.
sepand-danesh
Sépànd Danesh
Aurore Pallet elle aussi utilise le numérique et ses images comme support à un long travail d'assimilation introspectif avant de passer à l'acte de peindre pour reproduire des fragments d’images qui sont telles des concrétions d’une mémoire sollicitée, reconstituée de rêveries éveillées.
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Aurore Pallet
Mais évidemment l'un de ceux qui a le mieux compris la nouveauté de ce flux d'images déterritorialisées est Gerhard Richter qui d'emblée a eu une approche ironique et obsessionnelle de l’image photographique.
Les peintres de la vie moderne à l'ère numérique sont non seulement des « peintres d'atelier », mais surtout des peintres d’un "réel" quasi virtuel. Ils décryptent, tous plus ou moins délibérément, la fuite du réfèrent, la tautologie des images sans auteur ni objet avéré. La modernité et les avant-gardes ont détaché l'art de l'intention imitative et du sens produit par les grandes catégories esthétiques, et ceci jusqu'au déracinement Duchampien de l'art comme objet en soi. Quant à l'ère numérique, elle a conduit la peinture à se voir, tout du moins la peinture figurative, comme une production d'images au même titre que les images omniprésentes de l'ère numérique. Avec cette particularité si étrange dans ce flux d'instantanéité, que la peinture est un mode d'expression lent, qui implique la durée, la pause et la reprise, l'analyse et le repentir.
La peinture figurative de la vie moderne numérique crée comme des arrêts, des échappées qui une fois livrées au flux des "regardeurs", du marché des media, deviendra à son tour une image instantanée sur laquelle certains s'arrêteront peut-être.


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A voir sur Artefields.net:



lundi 16 mars 2015

| CHIHARU SHIOTA | Biennale de Venise 2015.

 

CHIHARU SHIOTA


 “Les fils sont tissés l’un dans l’autre. Ils s’enchevêtrent. Ils se déchirent. Ils se dénouent. Ils sont comme un miroir des sentiments”. Chiharu Shiota.





Chiharu Shiota est une artiste japonaise qui travaille sur la mémoire, les liens entre passé et présent. Les fils tendus sont la matérialisation du souvenir, et du rapport entre la présence physique des objets et les êtres absents qui les ont “habités”.

Chiharu Shiota représentera le Japon à la  Biennale de Venise 2015.


Le site de l'artiste : http://buff.ly/19rSsQ4

L'art en vue. Art sighting ! http://bit.ly/1DcH3zJ

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jeudi 12 mars 2015

| ARTEFIELDS NEWS | Mars 2015 | Antony Gormley | Giulia Andreani | Emilie Bazus | Marion Davout | etc.















Gormley | Second Body
A l'occasion de l'exposition "Second body" à la galerie Thaddaeus Ropac, un compte-rendu accompagné de photographies.
Article à lire ici : Les corps abstraits.
Galerie photo ici : Second body.













Exposition "Fairy tales"
Avec Marion Davout et Emilie Bazus, deux jeunes talents féminins de la peinture contemporaine française.
Marion Davout : Paysages en lambeaux.
Emilie Bazus : Matérialité "monumentale" en mouvement.













Giulia Andreani.
Prochaine exposition : Tout geste est renversement. A ne pas manquer !
Vernissage le 21 mars 2015.
Un article d'Artefields à lire ici : Grande et petite histoire passées au gris de Payne.













| "CHERCHER LE GARÇON" | MAC/VAL | Musée d'Art Contemporain du Val-de-Marne
Exposition collective d'artistes hommes | Vernissage Public: 06.03.15, 18:30 •
07.03.15>>30.08.15
En savoir plus



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